Archive pour février 2005

L’amitié

Ce journal est un lieu d’échange et un temps de partage.
Caroline-Morgane a envoyé ce courriel :

Je vous avais proposé de vous faire part de ma réflexion sur l’amitié.
Je vous la livre et serais ravie si vous pouviez écrire une “pensée du mois” sur la signification de l’amitié.
Les amis ont toujours été très importants pour moi mais je n’en ai jamais eu beaucoup car la superficialité ne m’intéresse pas. L’échange est vital et une source inépuisable de richesse pour moi.
Or depuis que je suis partie aux USA, j’ai perdu beaucoup d’amis. Il y a quelques irréductibles avec lesquels les quelques emails, coups de téléphone et visites par an suffisent à nourrir cette amitié qui nous lie. Ces amitiés m’ont soutenue pendant les années difficiles de mes « postdoc » aux USA. Je pensais que c’était des amitiés pour la vie. Et je me trompais car depuis que je suis mariée, j’ai perdu encore plus d’amis, dont un qui pour des raisons bizarres a refusé d’être mon témoin et de venir a mon mariage. Peu a peu la communication s’est éteinte au point d’être nulle. Or cet ami qui m’a toujours dit que lorsqu’il a des amis c’est pour la vie, me confie que les amitiés ont besoin d’être nourries, les gens ont besoin de se voir, de faire “des trucs” ensemble. Bref, les amis ne peuvent qu’être voisins.
Cette constatation m’a fait beaucoup de peine et j’ai cherché le sens de l’amitié: ne sommes-nous amis que parce que nous tirons chacun avantage de cette amitié? ou bien parce que nous avons plaisir a faire des choses ensemble? ou bien finalement parce que quelque chose de plus profond nous relie l’un a l’autre?
Je suis allée chercher le sens que les philosophes attribuent a l’amitié et suis tombée sur Aristote. Pour lui, comme pour moi, l’amitié est une sorte de vertu qui est également nécessaire a la vie. Ainsi, personne, quand bien même elle aurait tous les biens de ce monde, ne choisirait de vivre sans amis. Certains pensent que l’amitié est une question de similarité, les autres pensent le contraire. Pour Aristote, il y a 3 sortes d’amitié:
- L’amitié basée sur l’utilité: tant que les 2 amis tirent avantage l’un de l’autre, ils se penseront amis, même si au fond de leur coeur, ils ne s’aiment pas vraiment. C’est la forme d’amitié privilégiée des égoïstes et des arrivistes.
- L’amitié basée sur le plaisir: c’est souvent le type d’amitié des jeunes qui sont guidés par leurs émotions et la recherche de leur propre plaisir. Cependant alors que les années passent, leurs goûts changent et par conséquent leurs amis.
- L’amitié basée sur la bonté: pour Aristote, seule l’amitié de ceux qui sont bons et similaires dans leur bonté, est parfaite. Car eux seuls souhaitent le bien a autrui car ils sont intrinsèquement bons. En effet, seuls les gens bons souhaitent le bien de leurs amis pour leurs amis eux-mêmes car ils aiment leurs amis pour eux-mêmes et non pour certaines de leurs qualités. Ainsi l’amitié de ces gens vivra tant qu’ils resteront bons et la bonté est une qualité qui perdure. Chaque ami est bon dans l’absolu et envers ses amis. Cette amitié englobe les 2 types précédents puisqu’il y a similarité et partage de plaisir. Mais tout découle de la bonté. De telles amitiés sont rares car rares sont les hommes bons. De plus, la naissance d’une telle amitié nécessite du temps et de l’intimité: il faut que les 2 futurs amis aient mangé la proverbiale quantité de sel ensemble, se soient prouvé l’un a l’autre qu’ils méritent la confiance et l’amitié avant de pouvoir devenir amis. Ceux qui sont prompts a faire des avances amicales ont le désir d’être amis, mais ils ne le seront pas tant qu’ils méritent l’amour et le sachent. Le désir d’amour se développe rapidement, mais non pas l’amitié.
Ces idées sont tirées de “The Nichomachean Ethics”.
Je n’en sais pas assez sur Aristote pour comprendre si l’amitié basée sur la bonté peut se développer lorsque les gens sont voisins, puis perdurer malgré l’éloignement et le temps. Mais pour moi, ça devrait être possible. Et si une amitié s’éteint, c’est qu’elle n’était pas du type basée sur la bonté…
Qu’en pensez-vous?
C’est un très long message que je vous envoie. J’ai pourtant résumé autant que je le pouvais.
Si vous avez le temps, j’aimerais savoir ce que vous pensez de ces idées et votre propre expérience des amis.
A très bientôt j’espère.
Avec toute mon amitié
Caroline-Morgane

Puis-je lui donner un commentaire basé sur la philosophie des cinq éléments ?
L’amitié est un sentiment qui relève de l’élément terre, mais qui n’est véritable que lorsqu’il y a harmonie des cinq sentiments, c’est à dire des cinq éléments. Réfléchissez-y.
Et cet autre commentaire lié au bon sens : pour que l’amitié perdure, en plus du sentiment, il faut partager des réalités, des expériences, et surtout toujours communiquer. Si cela n’est pas, alors l’amitié peut sembler disparaître. Mais tel le vent qui tend la voile et pousse de bateau, un nouveau flux de communication, une nouvelle réalité commune, et voilà l’amitié « qui reprend le quart » comme disait Brassens.
Quant à mon expérience personnelle, elle est justement « personnelle » et de ce fait, ne présente pas assez d’intérêt.
A bientôt, pour votre prochain passage en Europe.
Daniel

Nouvelles du Portugal

Nous avons repris contact avec le représentant au Portugal de la Tradition Asiatique. Il s’agit du docteur Riccardo Salvatore de Lisbonne qui est acupuncteur et naturopathe. D’ici peu nous publierons des textes médicaux et des conseils en langue portugaise : vive l’Europe et la diversité !

Conseil

Croyez-moi, l’essentiel pour chacun d’entre nous, c’est de renouer avec notre propre authenticité, et pour ce faire, c’est de nous relier à la nature.
Comment y parvenir ? D’abord il faut chasser les pensées parasites.

Ainsi en est-il des souvenirs liés aux soucis, de même que des désirs passionnels, qui nous empêchent de rester dans le mouvement du présent. Mais qu’est-ce que le mouvement du présent ? Considérez le comme une vague…

Vous devez être comme le surfeur sur cette vague. Les souvenirs qui piègent font tomber en arrière, vers un passé sur lequel on ne peut plus rien, les désirs passionnels font chuter en avant, vers un futur qui n’existera peut être jamais. Donc pour « surfer » sur la vague du moment présent, il faut se libérer des entraves tant du passé que du futur.

Mais, même si elle est indispensable, ce n’est qu’une condition pour se connecter harmonieusement à la force vitale. Parce qu’ensuite, il convient se s’entraîner au ressenti direct. Pour cela bien des écoles proposent leur formule. Selon chacune, la leur est la meilleure.

En réalité la meilleure pour vous, est simplement celle qui vous convient, et elle n’est pas forcément « exotique ». Il y a, dans notre culture occidentale, tout ce qu’il faut pour cela. Pas besoin de se draper d’une robe fut-elle de couleur safran, ou de psalmodier des paroles inintelligibles sur des sons harmonieux. Vous voulez en savoir plus ? Envoyez-moi un courriel (daniel@daniel-laurent.com) : je vous invite au dialogue.
Et maintenant, permettez-moi de vous rapporter une histoire récente.

Il existe, dans la mer des Andaman au large des côtes thaïlandaises, une petite île, où vit une communauté de la minorité ethnique des Moken. Ils sont 181, et n’ont même pas droit à la carte d’identité nationale. C’est dire s’ils sont méprisés. Cette petite communauté vit dans un monde étrange fait d’esprits, de signes et de symboles. Certains disent avec suffisance qu’elle est animiste et primitive. En tout cas, elle a survécu au raz de marée du 26 décembre 2005. Ce jour là, le patriarche du village a scruté le ciel puis la mer. Constatant que quelque chose n’allait pas, il se rappela la légende que chaque génération doit transmettre : le crabe géant responsable des marées peut parfois, en se déplaçant, provoquer la montée des eaux jusqu’au ciel !

« Quand nous avons vu que l’eau se retirait aussi vite, nous savions qu’elle réapparaîtrait dangereusement », explique aujourd’hui l’ancien.
Alors que sur la côte des centaines de milliers de personnes ne savaient quelle attitude adopter quand les flots ont reflué, les « primitifs » de cette petite île ont tous grimpé dans la montagne et se sont réfugiés dans un temple. La confiance en leur savoir et leur relation privilégiée à la mer, ont sauvé ce petit peuple nomade. Il n’y a eu aucune victime ! L’intérêt de cette histoire ?

Les Moken ne sont ni des intellectuels, ni des scientifiques. Surtout ils ne sont pas une population coupée de ses traditions. Les critiques et le mépris de ceux qui, soit disant, font autorité, ne les ont pas changé. A titre de comparaison, histoire de comprendre leur attachement aux traditions, s’ils avaient été français, ils n’auraient pas craint de conserver le béret plutôt que de se sentir obligés d’adopter la casquette étasunienne à la mode. Bref, ils sont restés authentiques, et connectés à leurs traditions et à la nature. Et ils ont survécus ! Un exemple à méditer !

Conseil

Croyez-moi, l’essentiel pour chacun d’entre nous, c’est de renouer avec notre propre authenticité, et pour ce faire, c’est de nous relier à la nature.
Comment y parvenir ? D’abord il faut chasser les pensées parasites.

Ainsi en est-il des souvenirs liés aux soucis, de même que des désirs passionnels, qui nous empêchent de rester dans le mouvement du présent. Mais qu’est-ce que le mouvement du présent ? Considérez le comme une vague…

Vous devez être comme le surfeur sur cette vague. Les souvenirs qui piègent font tomber en arrière, vers un passé sur lequel on ne peut plus rien, les désirs passionnels font chuter en avant, vers un futur qui n’existera peut être jamais. Donc pour « surfer » sur la vague du moment présent, il faut se libérer des entraves tant du passé que du futur.

Mais, même si elle est indispensable, ce n’est qu’une condition pour se connecter harmonieusement à la force vitale. Parce qu’ensuite, il convient se s’entraîner au ressenti direct. Pour cela bien des écoles proposent leur formule. Selon chacune, la leur est la meilleure.

En réalité la meilleure pour vous, est simplement celle qui vous convient, et elle n’est pas forcément « exotique ». Il y a, dans notre culture occidentale, tout ce qu’il faut pour cela. Pas besoin de se draper d’une robe fut-elle de couleur safran, ou de psalmodier des paroles inintelligibles sur des sons harmonieux. Vous voulez en savoir plus ? Envoyez-moi un courriel (daniel@daniel-laurent.com) : je vous invite au dialogue.
Et maintenant, permettez-moi de vous rapporter une histoire récente.

Il existe, dans la mer des Andaman au large des côtes thaïlandaises, une petite île, où vit une communauté de la minorité ethnique des Moken. Ils sont 181, et n’ont même pas droit à la carte d’identité nationale. C’est dire s’ils sont méprisés. Cette petite communauté vit dans un monde étrange fait d’esprits, de signes et de symboles. Certains disent avec suffisance qu’elle est animiste et primitive. En tout cas, elle a survécu au raz de marée du 26 décembre 2005. Ce jour là, le patriarche du village a scruté le ciel puis la mer. Constatant que quelque chose n’allait pas, il se rappela la légende que chaque génération doit transmettre : le crabe géant responsable des marées peut parfois, en se déplaçant, provoquer la montée des eaux jusqu’au ciel !

« Quand nous avons vu que l’eau se retirait aussi vite, nous savions qu’elle réapparaîtrait dangereusement », explique aujourd’hui l’ancien.
Alors que sur la côte des centaines de milliers de personnes ne savaient quelle attitude adopter quand les flots ont reflué, les « primitifs » de cette petite île ont tous grimpé dans la montagne et se sont réfugiés dans un temple. La confiance en leur savoir et leur relation privilégiée à la mer, ont sauvé ce petit peuple nomade. Il n’y a eu aucune victime ! L’intérêt de cette histoire ?

Les Moken ne sont ni des intellectuels, ni des scientifiques. Surtout ils ne sont pas une population coupée de ses traditions. Les critiques et le mépris de ceux qui, soit disant, font autorité, ne les ont pas changé. A titre de comparaison, histoire de comprendre leur attachement aux traditions, s’ils avaient été français, ils n’auraient pas craint de conserver le béret plutôt que de se sentir obligés d’adopter la casquette étasunienne à la mode. Bref, ils sont restés authentiques, et connectés à leurs traditions et à la nature. Et ils ont survécus ! Un exemple à méditer !
Daniel-laurent


 

février 2005
L Ma Me J V S D
« jan   mar »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28  

Blog Stats

  • 10,691 hits