Reçu de Michèle S.
Je viens de faire un tour sur ton site et vois que tu t’intéresses à la grippe aviaire. J’ai trouvé un article sur ce même sujet, mais traité sous un angle différent, probablement complémentaire. Il est extrait d’une revue, “Objectif santé” d’avril 2006.
La source des informations est un communiqué de presse du 2 mars 2006 de l’ONG “GRAIN” dont le but est de promouvoir la gestion et l’utilisation durables de la biodiversité agricole. Contact : Devlin Kuyek, GRAIN à Montréal.
Site web : http:www.grain.org
où l’on trouve le rapport entier dont est extraite cette information.
Je t’en livre les principales lignes, parfois virulentes.
“L’industrie avicole mondiale est à l’origine de la crise de la grippe aviaire
“Un rapport de GRAIN établit que l’industrie avicole mondiale est à l’origine de la crise de la grippe aviaire. Les petits élevages avicoles et les oiseaux sauvages sont injustement rendus responsables de la grippe aviaire. Ce rapport montre comment l’industrie avicole multinationale est à l’origine du problème et devrait être au centre des actions menées pour maîtriser le virus.
L’expansion de la production avicole industrielle et des réseaux commerciaux a créé les conditions idéales à l’apparition et à la transmission de virus mortels comme la souche H5N1. Une fois qu’ils ont pénétré dans les élevages industriels surpeuplés, les virus peuvent rapidement devenir mortels et se développer. L’air vicié par la charge virale est transporté sur des km à partir des fermes infectées, pendant que les réseaux d’échanges commerciaux
intégrés répandent la maladie par les nombreux transports d’oiseaux vivants, de poussins d’un jour, de viande, de plumes, d’oeufs à couver, de fumier de volailles et d’alimentation animale (fiente de poulet et litière des sols d’élevage industriels de volailles sont des ingrédients courants de l’alimentation animale).
Tout le monde se focalise sur les oiseaux migrateurs et les poulets de basse-cour, mais ils ne sont pas les vecteurs effectifs de la forme fortement pathogène de la grippe aviaire. Le virus les tuent mais il est peu probable que ce soient eux qui le propagent.
Par exemple, en Malaisie, le taux de mortalité par le virus H5N1 sur les poulets des villages est seulement de 5%, indiquant que le virus a du mal à se propager dans les petits élevages de poulets.
Le Laos, entouré par des pays infectés, a connu des manifestations du virus H5N1 seulement dans quelques fermes industrielles du pays, celles qui sont fournies par des établissements d’incubation Thaï. Les seuls cas de grippe aviaire dans la volaille de basse-cour, soit plus de 90% de la production du Laos, se sont produits à côté des fermes industrielles.
En Europe, les gouvernements ont répondu à la découverte des cygnes, oies et canards morts infectés par le virus, en employant des mesures sévères de confinement des volailles. La situation est délicate aujourd’hui car la première et seule manifestation significative de contamination de la volaille domestique s’est déclarée, en France, dans un gros élevage industriel de dindes où les 11 000 volailles avaient été confinées, totalement séparées des oseaux sauvages.
Il apparaît de plus en plus évident, comme on l’a vu aux Pays Bas en 2003, au Japon en 2004, en Egypte en 2006, que la grippe aviaire mortelle se déclare dans les grosses fermes industrielles et qu’ensuite, elle se propage.
Le cas de contamination nigérienne, qui s’est déclaré début 2006, a commencé par une seule ferme industrielle, appartenant à un membre du Conseil des Ministres. Eloignée des axes principaux de déplacement des oiseaux migrateurs, cette ferme était connue pour importer des oeufs à couver hors règlementation.
En Inde, les autorités locales indiquent que le virus H5N1 est apparu et s’est répandu à partir d’une ferme industrielle appartenant à la plus grande compagnie avicole du pays, les couvoirs Venkateshwara.
La question est de savoir pourquoi les gouvernements et les agences internationales comme l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ne font rien pour enquêter sur la manière dont les fermes industrielles et leurs sous-produits, tels que l’alimentation animale et le fumier, propagent le virus. Au lieu d’aller dans ce sens, ils se servent de la crise comme d’une occasion d’industrialiser davantage le secteur avicole. Les initiatives se multiplient pour interdire la volaille en plein air, pour
évincer les petits producteurs et pour réapprovisionner les fermes avec des poulets génétiquement modifiés. Le réseau de complicité avec une industrie prise dans une série de dénis et de dissimulations semble total.
Les agriculteurs perdent leurs moyens d’existence, les poulets locaux sont éliminés et quelques experts déclarent que nous sommes à l’aube d’une épidémie humaine qui pourrait tuer des millions de personnes. Quand les gouvernements réaliseront-ils que pour protéger la volaille et les personnes contre la grippe aviaire, ils doivent les protéger contre l’industrie
avicole mondiale ?”
