
“Pays” ou “payse” … c’est ainsi que se nomment entr’eux et entr’elles les compagnons et compagnonnes des métiers de santé.
Il était une fois, dans une cayenne deux compagnons que tout semblait opposer. Aussi bien les origines sociales, que l’aspect physique, comme aussi leur propre culture. Durant les tenues de leur chambre des devoirs, et lorsque la parole circulait, souvent leur appréciation sur les travaux présentés était diamétralement opposée. Et cela donnait souvent à penser aux compagnons et compagnonnes que l’animosité faisait obstacle à la Fraternité qui sied entre pays dans une chambre des devoirs d’une cayenne compagnonnique.
Même pendant les agapes chacun d’eux faisait attention à ne pas s’asseoir auprès de l’autre tout comme ils évitaient de participer à la conversation de l’autre.
En somme deux étrangers !
Mais alors que faisaient ils en compagnonnage? La question aurait pu rester sans réponse et perdurer dans le temps. Et sans que cela soit volontaire et en fonction des affinités de chacun, la cayenne commençait à se scinder en deux parties, alors qu’à l’origine rien de déplaisant n’avait animer nos deux compères, rien qui puisse justifier une tension entre les deux, pas la moindre rumeur, pas un geste déplacé, non vraiment rien.
Mais vous allez voir que le vie nous joue des tours et qu’elle prend un malin plaisir à détruire nos jugements les mieux ancrés en nous. ecoutez plutôt …
C’était jour de marché dans la bourgade de nos deux amis, c’était un samedi et ils avaient leurs habitudes pour faire leurs courses, chacun à des heures différentes mais sans souci volontaire d’éviter l’autre; non simplement un deux eux était plus matinal que l’autre. Le plus matinal des deux revenait ce matin là avec son cabas chargé de provisions, ouvrait le hayon de son véhicule et mis ses courses dans le coffre ; il s’assis au volant de son véhicule, et voulût démarrer : pas le moindre petit bruit de moteur ! Cette absence de bruit indiquait que la batterie avait rendue l’âme.
Et c’est là que nous constatons l’espièglerie de la vie ou du hasard. Sur ce même parking la seule place restée vide était juste à coté du véhicule en panne et juste au moment où l’autre compagnon arrivait pour lui aussi faire ses courses.
Que croyez vous qu’il se passa ?
« Tu as un problème pays ‘?»
« Je pense que c’est un problème de batterie ! »
« J’ai des cosses dans ma voiture, on va régler ça ! »
Si tôt dit, si tôt fait ! Le véhicule redémarra, tout comme la fraternité compagnonnique reçut ce jour là un coup de pouce. Les deux compagnons se retrouvèrent bientôt devant un café et discutèrent en toute liberté. Par la suite ils harmonisèrent leurs heures du samedi, et après les courses, dans un premier temps le bistro local servit de salle humide. De fil en aiguille d’invitations en repas communs, nos deux amis se découvrirent et constatèrent leurs points de convergence et virent que leur divergence en réalité n’avait pas de vrai fondement. Les repas familiaux permirent aux épouses de s’apprécier.
Mais le plus grand changement fut celui de la cayenne. Les autre compagnons furent interloqués de voir nos deux larrons « cul et chemise », ne comprenant rien à ce revirement en apparence, inattendu.
Interloqué, l’Instructeur demanda sur quoi reposait ce changement d’attitude,. Nos deux compères répondirent simplement ceci : « Avant nous étions indifférents l’un envers l’autre, mais un simple fait, a transformé notre relation, nous avons donc fait l’effort d’aller l’un vers l’autre, et nous avons constaté que nos différences étaient complémentaires, mais pas au point de nous ignorer et même de nous détester, alors pour perfectionner et renforcer notre amitié nous nous sommes vu et revu et nous avons associé nos épouses à cette démarche. Nous pouvons dire Instructeur, que nous étions dans l’erreur et que notre égoïsme nous desservait en éloignant de notre vécu les valeurs compagnonniques ! »
Le temps continue à forger leur amitié, qui prend de la force et de la vigueur, mais qui ne reste pas le fait de deux compagnons, puisqu’ils favorisent les échanges. Moralité : point n’est besoin, de dire que dans nos voitures, il faut avoir des câbles de connexion pour les batteries défaillantes … La preuve !
!