Questions – Réponses
Bonjour monsieur Laurent,
J’ai dans ma bibliothèque depuis presque dix ans votre « Précis d’acupuncture traditionnelle ». C’est un représentant en produits cosmétiques qui me l’avait recommandé… Rire !… Comme quoi, les voies de l’enseignement et de sa transmission sont bien impénétrables… !!!
J’avais été très frappée par sa clarté, sa structuration qui dénotait à l’évidence un esprit maîtrisant son sujet, le respect des maîtres et de l’enseignement reçu par ses multiples références, enfin son approche didactique prononcée, soucieuse de laisser des traces dans l’esprit du lecteur, et plus, si possible.
J’ai à plusieurs reprises consulté à titre personnel ce livre sur les différents éléments, et le Métal plus particulièrement, puisque je suis un buffle de Métal. Vos écrits correspondent à ce que je ressens de moi-même, et j’ai d’ailleurs pensé que le professeur Worsley que vous nommiez dans cette fiche devait voir bien clair… effectivement…. sourire…
Ce livre est toujours là, dans le secteur « Carrière » de ma maison.
J’ai assisté il y a quatre ou cinq ans à deux séminaires dans une école de médecine chinoise de la région parisienne car c’était celle qu’avait faite mon amie qui me soigne très régulièrement. Je ne m’y suis pas sentie à ma place, dans cette « usine », et n’ai pas tiré profit de conférences à laquelle assistaient plus de cent personnes, avec des séances qui m’ont paru fumeuses et embrouillées. J’ai pensé que je me débrouillerai mieux toute seule si c’était çà l’enseignement de la médecine chinoise, avec de bons bouquins comme le vôtre, le temps, la patience et la persévérance qui font des miracles, et l’esprit profondément expérimental qui est le mien.
J’ai mis tout çà de côté, après cet essai infructueux. Mais je sens que le temps est désormais venu de proposer à ceux qui se sentiront en phase avec moi de les accompagner au mieux de mes capacités et avec tout l’amour qui est le mien.
Cela fait dix-neuf ans que j’ai commencé à cheminer de plus en plus consciemment sur ma voie propre. J’ai appris beaucoup de choses, et je m’efforce d’être, comme je l’ai lu dans le remarquable livre de Carl Rogers « Le développement de la personne », non pas un « wagon de munitions » mais un « fusil », à savoir non pas une accumulation de connaissances encyclopédiques, mais une utilisatrice en propre, et la créatrice de son expérience personnelle.
Je n’ai nullement vocation à enseigner. Ce n’est pas mon chemin. Je crois qu’expliquer à des étudiants Je viens vers vous donc dans ce mail car cela fait trois semaines que je tourne et retourne autour du pot : le site de l’école, le site des cinq éléments, votre blog ; en laissant mûrir les choses et en écoutant mon coeur. Je n’ai pas encore tout lu, et vous excuserez donc les questions que je souhaitais vous poser au cas où les réponses se trouveraient quelque part sur le web.
Quand vous rapportez les propos de l’empereur Hoang Ti sur la toxicité des remèdes, et que vous évoquez quelque part la phytologie, qu’est-ce à dire ? Pensez-vous que certains remèdes de pharmacopée chinoise sont au sens propre toxiques, d’un style « effet secondaire » et interactions négatives des principes actifs, même s’ils parviennent à éliminer les symptômes pour lesquels ils ont été prescrits ? J’ai pour ma part pensé à un « nouveau » problème : la pollution en Chine et dans les pays asiatiques ne rend-elle pas la prescription de pharmacopée hasardeuse ? et la prescription de simples serait-elle moins dangereuse tout simplement parce qu’ils sont prescrits seuls ?
Même si je crois à la supériorité des « thérapies énergétiques » qui ne surchargent pas le corps comme l’écrit Mantak Chia, la pharmacopée n’est-elle pas d’un bon secours quand il y a ce que j’appellerai improprement « des manques, des vides de matière », quand les consultants sont dénutris ?
D’autre part, comme je l’ai constaté sur moi-même, ne rend-on pas le sourire au consultant quand certains problèmes sont résolus rapidement après une prise de pharmacopée ? Parce que le client qui vient pour la première fois, c’est d’abord d’espoir, et de foi en la personne qu’il consulte dont il a besoin. Enfin, c’est ce que j’en pense.
Evidemment, je ne vous explique pas les problèmes en question. Mais je parle en général. En tant que personne m’accrochant à la terre, même si j’ai la tête dans les étoiles, la pharmacopée ne ne résout elle pas rapidement des problèmes qui prendraient plus de temps à se résoudre avec de la thérapie énergétique et la diététique adaptée ? car je crois néanmoins profondément à ce que disait Hippocrate : « Que l’alimentation soit ta première médecine ! »
Maintenant, « votre » acupuncture… rire… pratiquée dans l’amour de l’art, et l’excellence qu’il sied à la pratique de toute activité professionnelle et passionnelle devrait-on pouvoir écrire, auraient peut-être pu solutionner mes problèmes rapidement…
J’avais d’autres questions mais je me rends compte que ce mail est déjà fort long. Je ne vais pas abuser de votre attention.
Je serais fort heureuse si vous vouliez bien éclairer tant soit peu ma lanterne sur ces points évoqués qui me travaillent depuis un moment.
Bien cordialement,
Rose-Marie B.
Bonsoir Rose-Marie
Je vous remercie de vos appréciations sur mes écrits.
L’ouvrage que vous citez, représente mon premier enseignement. C’était l’époque où j’emmenai mes étudiants à Leamington Spa, au Collège du professeur Worsley, pour qu’ils y fassent un stage annuel et y présentent au bout de trois années leur licence d’acupuncture.
En 1985, j’ai décidé de regrouper mes cours en un ouvrage. Comme mes cours sont directs et non pas lus, j’ai demandé à mes étudiants les plus consciencieux, de ressortir leurs notes de cours afin de ne pas avoir à réécrire ce que j’avais dit.
Selon mon expérience, la transmission n’est effective que lorsque l’on pratique suffisamment le sujet exposé, et que l’on a le désir profond de l’échange sinon du don. C’est ainsi que j’envisage toujours mes cours, et c’est aussi pour cela que je ne prends que de petits groupes. L’avantage est que la transmission est directe, l’inconvénient est que les seules traces écrites sont celles des étudiants. Heureusement, en général, lorsque je demande à utiliser leurs notes, ils ne se considèrent pas comme propriétaires du cours
Mon principe pédagogique a toujours eu pour modèle celui de la ruche. Comme l’abeille, je me sens capable de visiter toute fleur, fut-elle vénéneuse, pour en retirer ce qu’elle peut avoir de bon.
Ainsi ai-je bâti l’organisation du livre que vous citez, après avoir consulté les écrits pédagogiques de divers auteurs réputés, principalement aux Etats-Unis. J’ai aussi pris les avis de ceux qui avaient «essuyé les plâtres» de mes premiers cours, car il convient de rester humble pour se donner la possibilité de progresser.
Vous me demandez un avis sur la pharmacopée.
Qu’elles soient chinoise , occidentale, indienne, ou africaine, toutes les pharmacopées sont basées sur des poisons.
Ce qui est un poison pour l’homme sain, l’est aussi pour l’homme malade. Ce qui est inorganique ou poison est inassimilable par l’organisme.
Certes le contact d’une substance toxique peut créer une excitation organique et ainsi provoquer une réaction de défense de l’organisme malade (et vivant) qui chassera ainsi spectaculairement un symptôme. Mais cela sera immanquablement suivi d’une déperdition de Qi.
Ce n’est pas par hasard que l’Empereur Hoang Ti disait : « je souhaite que mon peuple cesse d’être empoisonné avec les médications toxiques … apprenez moi l’art de ZhenJiu (acupuncture notamment).
Mais nous vivons depuis des siècles dans la superstition … le mal est toujours mystérieux, invisible (hier des démons aujourd’hui des virus) et il faut toujours avoir recours aux poisons. (ce qui fait le bonheur des industries pharmaceutiques, aujourd’hui occidentale et demain bientôt chinoise).
Revenons aux fondamentaux : n’utilisons que ce qui est alimentaire et le toucher vital (le doigt pouvant souvent remplacer l’aiguille). Et si nous utilisons l’aiguille, ne blessons pas l’énergie sous prétexte de stimulations spectaculaires comme on les pratique actuellement en République Populaire de Chine et chez tous les aficionados de ce pays (nombreux chez les acupuncteurs qui se proclament traditionnels).
Vos questions ne m’ennuient nullement, et j’espère avoir pu satisfaire votre légitime curiosité.
Cordialement.
Daniel LAURENT
Bonjour monsieur Laurent,
Merci de m’avoir répondu.
Ces questions sont importantes pour moi. Votre avis sur la question m’intéresse beaucoup, et surtout la motivation de cet avis.
Si j’ai bien compris, vous considérez que tout ce qui n’est pas alimentaire est un poison ? excusez-moi de revenir sur un point que j’ai évoqué, mais quid des simples botaniques ? il me semblait pourtant qu’ils rentraient dans les compositions des remèdes chinois. Existe-t-il une pharmacopée composée de substances inorganiques en Chine ? je pensais que c’était le propre de la médecine occidentale ? Je suis tout à fait d’accord avec vous sur l’inassimilation totale des matières inorganiques.
Considérez-vous donc que la médecine par les plantes (en occident, radis noir, garance etc…) est toxique également ?
Je vous prie d’excuser mon insistance, mais j’ai besoin d’aller au fond des choses, et de savoir pourquoi je fais ou ne fais pas quelque chose.
Je n’ai pas l’intention de vous « pomper » en vous écrivant. Si vous le ressentez ou ressentiez comme tel, n’hésitez pas à m’en faire part. J’envisage de m’engager à nouveau vers l’ »univers médecine chinoise », tôt ou tard, mais il y a un certain nombre de points sur lesquels je ne vois pas clair. Parce qu’il y a mon ressenti de consultante (de différents praticiens) auquel je me fie, et un univers de pensées et de théories…
Bien cordialement,
Rose-Marie B.
Bonjour Rose-Marie,
Je nomme inorganique non seulement ce qui est directement issu du minéral, mais aussi tout ce qui a été extrait et transformé, même si cela est issu de l’organique.
Même la cuisson, si elle est poussée, aboutit à faire disparaître l’organique. C’est pour cela que la cuisine est un art : celui de ne pas détruire, de rendre plaisant mais de conserver la vitalité alimentaire.
Par contre, voyez comment sont préparés les médicaments et les « compléments » alimentaires…
Certaines plantes sont carrément toxiques pour l’homme.
Certaines autres le sont moins, et en petite dose, apportent un contentement gustatif. Pour autant elles restent toxiques.
Cela nous amène à réfléchir et à choisir.
L’histoire de la Chine commence avec la dynastie Xia (- 2000). L’histoire de la Chine est parsemée de destruction des livres, de changement d’écriture ….
L’histoire de la Chine a cependant véhiculée la pensée taoïste, dont l’origine est protohistorique, avec les Empereurs « légendaires » (Fou Xi, Koang Di …) lesquels sont comme il est dit « protohistoriques » , et donc pas forcément chinois.
Il faut être prudent avec ceux qui transmettent, et de leur attribuer à tort ce qui ne leur appartient pas. Ainsi à titre d’exemple les chiffres dit « arabes » ne le sont pas. Ils sont indiens.
C’est pourquoi je ne considère pas que tout ce qui vient de Chine soit parole de santé sinon de vérité. Comme toujours il faut exercer son discernement. En médecine traditionnelle taoïste nous dirions que l’intestin grêle doit faire son travail de choix, à tous les niveaux
La seule cause des maladies, c’est l’ignorance de notre propre nature. Cette ignorance fait que nous ne savons pas ce qui nous convient pour vivre en bonne santé. Nous avons vraisemblablement choisi notre lot de vie (Ming) nous libérer de notre karma et ainsi nous libérer de l’ignorance. En attendant nous reproduisons les bons côtés légués par ceux qui nous ont précédés, mais leurs abhérations aussi. C’est comme cela que nous nous mettons dans des circonstances de vie qui provoquent les déséquilibres et les maladies. Ces mauvais choix de vie sont alimentaires, relationnels, climatiques etc…
Si vous voulez mon avis, toute médecine qui prétend donner la santé sans corriger les circonstances à l’origine des troubles, qui oublie que le soin est aussi un enseignement au mieux vivre par la prise de conscience (éveil), est une illusion.
L’esprit avec lequel se pratique l’acupuncture fait que cette dernière peut comme la langue d’Esope, être la meilleure et la pire des choses : une aide et un enseignement à l’auto-restauration des énergies par le patient lui-même d’une part, une illusion médicale de plus, purement symptomatique d’autre part.
Je vous le disait hier : l’ignorance cherchait jadis des réponses dans l’invisible (les démons, les sorts). Cette même ignorance traque aujourd’hui l’invisible dans les virus, les prions et autres « entités » forcément malfaisantes dont nous serions les pauvres victimes innocentes, ce qui évite de poser de vraies questions sur nos modes de vie et notre responsabilité … Tout en maintenant l’ignorance et la dépendance à ceux qui prétendent détenir le savoir des poisons.
J’espère n’avoir pas été trop long.
Bien à vous.
Daniel LAURENT

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